Un petit bout de chemin avec Nounou Patricia

08 avril 2021

nouvelle petite formation de 21 heures :)

Eveil des enfants  : le jeu sous toutes ses formes

Programme de la formation

Objectifs du parcours
À l’issue de la formation, le stagiaire sera en mesure de mettre en place un accompagnement adapté aux besoins spécifiques de l'enfant .

SAVOIRS
– La place et le rôle des temps de jeux dans le développement global de l’enfant.
– Les principaux jouets, jeux et activités de l’enfant et leurs apports.
– Les outils numériques et les principales recommandations en vigueur.
– La place du professionnel dans le jeu de l’enfant : rôle et posture.
– Les principes généraux d’aménagement des espaces de jeux.
– La valeur médiatrice du jeu dans la situation éducative.
– Les lieux ressources : RAM, bibliothèques, médiathèques, musées, centres de loisirs, centres communaux…
– Les normes et les règles de sécurité lors d’une sortie.
– Les violences éducatives ordinaires et les stéréotypes de genre durant les temps de jeux

SAVOIR-FAIRE
– Proposer des temps de jeux et des activités variées répondant aux besoins, aux rythmes, aux centres d’intérêt et à la disponibilité de l’enfant, au sein du domicile et à l’extérieur.
– Sélectionner et mettre à disposition des jouets, des jeux et des activités aux enfants afin de favoriser leur libre choix au quotidien.
– Anticiper et ritualiser de manière ludique les transitions liées aux temps d’activités, de jeu et d’éveil.
– Observer les situations de jeux de l’enfant et adapter ses propositions, gestes et posture.
– Soutenir l’enfant dans son jeu par de la guidance verbale, physique et visuelle afin de développer son autonomie et sa confiance en soi.
– Aménager le domicile ou proposer des aménagements en toute sécurité avec des espaces de jeux évolutifs, dans une ambiance propice au développement des expériences et au repos de l’enfant.
– Se servir du jeu pour accompagner l’enfant dans son développement et/ ou en cas de situations spécifiques.
– Organiser une sortie à l’extérieur en toute sécurité.
– Transmettre les règles sociales, de sécurité et d’hygiène en formulant des consignes claires, positives adaptées aux capacités de l’enfant.
– Présenter la proposition d’activités aux parents et renforcer le lien de confiance en échangeant quotidiennement sur les évolutions de l’enfant.
– Développer une démarche de questionnement sur ses pratiques et son accompagnement afin d’adopter une posture bientraitante.

Méthode pédagogique
– Approche théorique
– Mise en situations
– Ateliers pratiques en sous-groupes

 

Le coucou-caché : un jeu bien plus profond qu’il n’en a l’air

Le coucou-caché est un jeu pratiqué par tous les professionnels de la petite enfance. A première vue, il peut paraître banal. Pourtant, il intègre des notions bien plus profondes. Petit tour d’horizon de ce jeu légendaire.

 

 

 

 

 

 

Le coucou-caché : le plaisir du jeu avant tout
Le coucou-caché c’est avant tout un jeu entre deux personnes : entre un enfant et un adulte ou entre deux enfants. « C’est un moment pendant lequel on partage quelque chose qui se situe au-delà des mots, c’est du plaisir partagé », commente Ghislaine Dubos-Courteille, psychologue clinicienne, spécialiste des enfants. Il est en effet essentiel de rappeler que ce qui est important dans cet échange est le plaisir de jouer, tout simplement.
Le jeu du « coucou-caché » stimule d’ailleurs « le plaisir d'être en relation avec l'autre, autant pour le bébé qui construit justement sa relation à l'autre que pour l'adulte qui prend plaisir aux interactions et à la joie », ajoute Claire Silvestre-Toussaint, psychologue. Ce jeu permet aussi au tout-petit de voir l'attention que le professionnel lui porte en jouant avec lui. Il pourra ainsi acquérir le sentiment d'exister pleinement pour l'autre, ce qui est très important. C’est l'un des premiers jeux qu'expérimente l'être humain. « Il lui permet d'asseoir la différenciation sujet-objet, l'individualisation en somme », commente Claire.

Le coucou-caché : idéal pour expérimenter la permanence de l’objet
En plus de cette notion de plaisir, beaucoup d’autres choses se jouent. Au début de sa vie, le bébé est indifférencié de sa mère : « La mère est un tout. C’est le grand univers, le grand plaisir », rappelle la psychologue. Petit à petit, l’enfant réalise qu’elle est une personne à part entière. Voilà pourquoi vers 8/9 mois, il fait l’expérience de l’angoisse de séparation. Il sait qu’il peut perdre sa mère. Puis, au fur et à mesure de son développement, il va réaliser que même s’il ne voit plus sa mère mais qu’elle lui parle depuis la pièce d’à côté, elle est toujours là. Le jeu du coucou-caché permet alors l'acquisition de ce qu'a nommé Jean Piaget la « permanence de l'objet ». (Par objet, on entend ce qui n'est pas le sujet, ce qui est autre que le sujet, c'est à dire soi-même). L' « objet » reste donc présent psychiquement alors qu'il peut être absent physiquement. La permanence de l’objet se construit petit à petit et prend place vers 18 mois. Le coucou-caché permet justement d’en faire l’expérience « je ne te vois pas,  mais je sais que tu es là ». Il permet ainsi de revivre le traumatisme de la séparation d’avec la mère, comme l’explique Freud.

« For da », le coucou-caché de Freud
Le coucou caché repose sur la même grille émotionnelle que ce que Freud a observé chez son petit-fils lors de l’expérience dite du « for da » (loin, près), encore appelée jeu de la bobine. W. Ernest Freud, 18 mois, joue avec une sorte de yoyo et répète inlassablement « for, da ». Freud constate alors que son petit-fils rejoue un traumatisme : la séparation et les retrouvailles avec sa mère. « Il fait alors l’expérience de l’angoisse et du plaisir », commente Ghislaine Dubos-Courteille. Et c’est un point très important dans le jeu du coucou-caché. L’enfant peut en effet s’autoriser à « perdre », puisqu’il sait qu’il va « retrouver ». Il va alors vivre différentes émotions : plaisir/déplaisir ; angoisse/assurance ; perte/retrouvailles … « L’enfant joue alors avec sa peur, c’est la raison pour laquelle il y a une excitation, qui est à la fois émotionnelle et motrice », note Ghislaine. L’enfant peut en effet trépigner d’excitation, sursauter, courir, aller dans un sens, revenir, traverser la pièce…
Ce qui est aussi intéressant dans le coucou-caché pour l’enfant, c’est qu’il peut être « l’objet », celui qui disparaît, celui qui remplace la mère. Et qui revient. Il peut être dans les deux rôles. Il est alors acteur et ne subit plus. Lorsqu’il rejoue la scène de la séparation et des retrouvailles, en plus de lui procurer du plaisir, ce jeu lui offre une réassurance dans la solidité du lien. « Grâce à ce jeu, le lien à l'autre est consolidé et les angoisses d’abandon sont atténuées », ajoute Claire Silvestre-Toussaint. « C'est également ce qui permet d'acquérir la « capacité d'être seul » selon le terme employé par DW WInnicott. En d'autres termes, le jeu du « coucou caché » permet d'intérioriser de manière sécurisante la séparation puis l'absence », explique t-elle.

Un jeu qui stimule l’imaginaire
Le coucou-caché permet aussi aux enfants de s’inventer des histoires. Lorsqu’ils se couvrent les yeux, certains s’imaginent volontiers au fond d’une grotte, dans un trou, sous un lit… Leur imaginaire se met en marche et par là-même leurs pensées. « Ce jeu permet en effet au bébé de mentaliser, de penser l'être absent, et donc de penser tout court. Ainsi apparaissent les capacités de représentation, de symbolisation, de mentalisation et de pensée », ajoute Claire Silvestre-Toussaint.
Le développement des fonctions de symbolisation et de l'imaginaire fait partie du développement intellectuel et affectif de l'enfant. Elles s'élaborent grâce à la séparation mère-enfant et sont permises au moment de l'individualisation. Le développement de l'imaginaire de l'enfant évolue en même temps que son développement cognitif. « La symbolisation, comme son nom l'indique, permet de symboliser l'objet et l'imaginaire permet de se raconter une histoire (une couverture peut devenir le toit d'une cabane dans la chambre de l'enfant qui devient de ce fait le lieu d'une histoire merveilleuse) », conclut Claire.

A chaque âge, son coucou-caché

Le coucou-caché est un jeu intimement lié au développement psychomoteur et cognitif de l’enfant. Il est corrélé à deux choses essentielles :
-    le schéma corporel de l’enfant, qui se construit jusqu’à l’âge de 7 ans environ
-    la décentration, c’est à dire la possibilité de se mettre à la place de ce que voit l’autre, qui est possible vers 7-8 ans selon ce qu’a établi Jean Piaget.
Avec un tout-petit : les moments de nursing sont tout à fait propices au jeu  du coucou-caché. Avec un bébé de 6 mois, vous pouvez déjà y jouer lorsque vous le changez par exemple. Vous vous soustrayez à sa vue en cachant votre visage avec une couche propre. L’enfant ne va pas forcément initier ce jeu mais va y répondre : il va jubiler, gigoter, pousser des cris et même éclater de rire ! Dès 7 mois, il participe activement à ce jeu !
Vers 9 mois, quand le bébé se déplace à 4 pattes et qu’il va se cacher sous une table, il amorce déjà ce jeu. L’adulte qui va réagir à son action va susciter chez lui l’envie d’y jouer davantage. L’enfant va être encore plus « acteur » du jeu à cet âge là qu’il ne l’est auparavant. Il faut d’ailleurs noter que le coucou-caché est très dépendant du développement psychomoteur de l’enfant.
Vers 12 mois,  sa motricité va lui permettre de dissimuler sa tête ou une partie de son corps. Il va s’adonner au coucou-caché avec beaucoup de plaisir !
Vers 18 mois, le petit va dissimuler son corps entier : il va par exemple se cacher derrière un rideau ou un drap. Puisqu’il est entièrement caché, il ne comprend pas qu’on puisse le voir. Il ne se met pas encore à la place de l’adulte qui peut distinguer une forme (ou ses pieds qui dépassent du placard). Il n’est pas encore en mesure d’expérimenter « la décentration », comme l’explique Jean Piaget. Cela va également de pair avec l’image qu’il a de son corps. Son schéma corporel n’est pas encore abouti : voilà pourquoi le fait que ses pieds dépassent du placard ne l’alerte pas sur la possibilité d’être vu.
L’engagement que met l’enfant à participer à ce jeu est de très bon augure pour son développement relationnel et affectif. Le « coucou/me voilà » est d’ailleurs un item qui fait partie d’un bilan psychomoteur pour évaluer le stade de l’enfant dans son développement social.

Avec Alexandra Hennegrave, psychomotricienne

Article rédigé par : Laure Marchal avec Ghislaine Dubos-Courteille, psychologue clinicienne, spécialiste des enfants et à Claire Silvestre Toussaint, psychologue, membre de la Fédération française des psychologues et de psychologie (FFPP).
Publié le 03 mai 2016
Mis à jour le 30 mars 2021

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02 mars 2021

l'autonomie ou l'envie d'avoir envie

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15 février 2021

La Nature

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28 janvier 2021

chaque enfant est différent

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06 janvier 2021

Notre métier d'assistante maternelle

S'il y a bien un métier où on ne s'ennuie jamais, c'est bien celui-là !
Non seulement on change chaque année, ou au moins très régulièrement, d'enfants, de parents et donc d’habitudes. Mais en plus même si on râle (si ça arrive quand même ...), on rigole tellement tous les jours.
Celui qui a été sage un lundi sera coquin le mercredi, et celui qui a bien mangé le mardi n’avalera rien le jeudi, et idem pour les siestes, les maladies etc… Chaque jour sera le même dans son individualité (vous me suivez ?). En fait la routine, ce sont les couches, le pot, les repas, les goûters, les bibis. Mais le reste alors ?! Une surprise de tous les jours !
Le plus jeune peut vous faire enrager parce que cette purée de petit pois n'était pas à son goût, et vous la balancer à la figure en un quart de seconde (où se faire un shampoing avec, ça dépend) comme quelques minutes après vous faire rire aux éclats par une mimique trop mignonne ou un areuh bien tourné. Un grand vous fera douter de vous par moment et vous faire sentir la meilleure l'instant d'après.
Être nounou c'est être regonflée à bloc tous les jours, c'est parfois pleurer, souvent râler mais tout le temps rire et s’amuser. Parce que ce métier c'est être assis, à 4 pattes, debout : à faire le pitre ou le gendarme, à tenir une marionnette pour un spectacle improvisé comme un chiffon parce que bébé a régurgité.
C'est être un peu docteur par moment quand le petit a de la fièvre, c'est être un peu maman quand on s'en inquiète, c'est être une femme quand on nous a tellement bavé dessus qu’on se sent moche et c'est être un adulte quand on se demande ce qu'on fait là, à lire pour la 15 ème fois ce T'choupi qu'on connait par cœur. C'est être musicienne, chanteuse (ainsi font), cuisinière et pâtissière, testeuse de faux cafés invisibles apportés par les enfants, collectionneuse de trésors (cailloux, marrons et pissenlits fanés), sado masochiste (quand c'est la dixième fois qu'on vous mord et qu’on vous tire les cheveux si j'insiste !). Être nounou c'est être adulte et enfant, c'est être ultra responsable et en même temps complètement foldingue avec eux, c'est rire aux éclats de leurs bêtises parfois, et aussi s'en fâcher car on n’est pas toujours d'humeur. C'est le métier le plus humain qui existe tant ses défauts en deviennent des qualités.
Être nounou c'est parfois se fâcher aussi, c'est comptabiliser, anticiper. On n’arrête vraiment jamais car ils sont toujours dans un coin de notre tête…Être nounou, et accepter d'en être fière, c'est juste être la plus heureuse au monde d'exercer un tel métier. C’est avoir cette chance de vivre dans l'innocence toute la journée, d'être testeuse de nouveaux jouets, la MacGyver de la poussette, le Picasso du papier toilette à peindre. C'est passer ses journées dans les cris, les pleurs, les éclats de rire, les bruits des jouets qui se fracassent au sol. C'est être attaquée par des lego qui traînent, des mains qui vous volent vos lunettes, vous arrachent une touffe de cheveux.
C'est s'inquiéter et les aimer comme si c'était les nôtres mais les rendre le soir…(en vie de préférence lol). C'est trouver sa propre place dans leur vie et ne plus en faire partie un jour.
C'est fascinant, fatiguant, éreintant et superbement marrant !
superbe texte d'une de mes collègues ( nounou Virginie )

Posté par Nounou Patricia à 13:11 - Permalien [#]
17 novembre 2020

initiation à la pédagogie de Marie MONTESSORI

Petite formation bien sympatique :)

des 18 moisA voir :

Le Maître est l'enfant

Alexandre Mourot, réalisateur et jeune père, regarde sa fille faire sa propre expérience du monde. S'interrogeant sur sa scolarisation prochaine, il décide d'aller tourner dans une classe d'enfants de 3 à 6 ans de la plus ancienne école Montessori de...

https://www.allocine.fr

Pour la petite histoire :

La pédagogie Montessori est certainement la plus célèbre. On la doit à Maria Montessori, médecin italien, née en 1870. Appliquée dans le monde entier, elle a à coeur de rendre l'enfant acteur de son propre développement et de favoriser au maximum son autonomie. Bonne découverte.

 

Née en 1870 dans une petite bourgade près d’Ancône en Italie, Maria Montessori n’attend pas le début du XXème siècle pour devenir la première femme diplômée de médecine dans son pays, au grand dam de son père et d’une partie de son entourage.Très impliquée dans le combat des droits politiques et sociaux des femmes, elle représente l’Italie aux congrès féministes de Londres en 1889 et de Berlin en 1900. 

Porte-voix des enfants en difficultés
Ses premiers pas, elle les fait dans la clinique psychiatrique de Rome, auprès d’enfants malades mentaux. Le sens de la justice chevillé au corps, elle le revendique pour ces jeunes « retardés » des droits, en défendant le premier d’entre eux : l’instruction. « Nous devons permettre à ces malheureux de se réintégrer dans la société, de conquérir leur place et leur indépendance dans un monde civilisé retrouvant ainsi leur dignité d’être humain », déclare-t-elle au Congrès pédagogique de Turin en 1898.
Maria Montessori découvre les travaux de l’Espagnol Perreira, ainsi que ceux des Français Itard et Seguin, médecins et pédagogues qui, en pionniers, s’étaient consacrés aux sourds-muets et aux déficients. Elle fait fabriquerleur matériel, encore utilisé aujourd’hui, pour les enfants de l’école Orthophrénique* de Rome qu’elle dirige. Les résultats ne se font pas attendre. Ceux que l’on considéraient comme « fous » se révèlent capables  de passer haut la main les examens de fin d’études primaires. Dès 1901, Maria Montessori envisage de travailler également auprès d’enfants dits « normaux » en vue de développer leur potentiel. Dans cet esprit, elle approfondit ses connaissances en sciences humaines et consacre les années qui suivent à la philosophie et à la psychologie. Parallèlement, conférencière reconnue, elle publie régulièrement les résultats de ses recherches sur les maladies nerveuses infantiles.

Développer les compétences de chacun
Face à cette notoriété grandissante, Maria Montessori pourrait se contenter du confort universitaire ou d’une clientèle privée. Mais la femme préfère se confronter au réel.C’est dans un quartier misérable de la ville de San Lorenzo que les autorités lui proposent un local destiné à rassembler les gamins pour les « garder ». Maria Montessori relève le défi d’éduquer ces enfants sans retards ou maladies mentales mais victimes de conditions sociales défavorables : « Soixante gosses peureux et larmoyants, si timides qu’on ne peut les faire parler (… ), pauvres abandonnés qui ont poussé dans l’obscurité et le désordre des taudis sans que rien vienne stimuler leur intelligence. Il n’est pas besoin d’être médecin pour découvrir sur eux les traces de la dénutrition et du manque d’air et de lumière. Boutons fanés avant d’avoir éclos, ils cachent leur âme dans une cellule hermétique ».**Entourée d’une équipe qu’elle va former, l’humaniste donne aux yeux de ses contemporains une autre image de ces enfants. Et surtout elle les aide à laisser émerger du fond d’eux même leur véritable identité : la concentration, la dignité, la liberté de choisir de travailler, d’apprendre, d’être… De cette expérience, elle pose les bases de sa pédagogie, où l’enfant ne doit pas être le simple réceptacle de savoirs qui le dépasse, mais véritablement acteur de son propre développement. Portant en lui les germes d’un plein potentiel prêt à se révéler. 

Une autre vision de l’enfant
La renommée de la « Maison des enfants » fait vite le tour du monde. Pas uniquement celui des éducateurs mais aussi celui des chefs d’états, et d’autres « maisons » vont se construire dans de nombreux pays. : Inde, Argentine, Pays-Bas, Etats-Unis…
Un temps, la pédagogie montessorienne aura pourtant ses détracteurs. Accusée par des mouvements sociaux de ne « dresser » les enfants que pour « aller à la messe » et par l’Eglise de vouloir en faire des matérialistes. Mais finalement, elle serarevendiquée par les socialistes au Congrès de Bernede 1919 et saluée par des prêtres y décelant une inspiration de la morale catholique.
En 1929, Maria Montessori crée « l’Association Montessori Internationale ». Ses préceptes ne cesseront d’essaimer. Fuyant l’Italie fasciste à la suite de la décision de Mussolini de fermer toutes les écoles montessorienne, elle se refugie en 1936 en Espagne. Elle la quitte bientôt avec l’arrivée de Franco et demeure quelques années aux Pays-Bas. Finalement, en 1939, elle s’installe durablement en Inde. C’est en 1952, de retour aux Pays-Bas, qu’elle décède à l’âge de 81 ans. Laissant derrière elle, une vision de la pédagogie et de l’enfant complètement réformée.

 

 

Posté par Nounou Patricia à 20:02 - Permalien [#]
01 octobre 2020

Comprendre et mieux accompagner les nouvelles connaissances sur le cerveau

Nouvelle petite formation :

 

 

Les découvertes sur le cerveau : essentielles pour mieux comprendre le jeune enfant

Les neuroscientifiques et les spécialistes nous révèlent les derniers secrets du cerveau. Ils nous enseignent que nous sommes à l’aube de la connaissance de ce formidable organe (1). En voici les principaux éclairages et enseignements. A considérer dès aujourd’hui et à suivre pas à pas en attendant avec hâte les prochains développements. Par Nathalie Casso-Vivcarini, EJE, juriste en droit social et fondatrice de « Ensemble pour l’Education ».

Le cerveau du jeune enfant est immature et très fragile
Avant 5 à 6 ans, l’enfant ne peut contrôler seul ses émotions, son cerveau supérieur n’est pas encore mûr et ses tempêtes émotionnelles (joie, tristesse, peur) ont toujours besoin d’être accompagnées par un adulte bienveillant, empathique, maternant, affectueux.(2)

Les 5 âges du cerveau : le plus malléable de nos organes
Centre de nos émotions, souvenirs, conscience et pensée, le cerveau se développe in utéro et reste en effervescence toute notre vie.

  1. 1er âge, le Big bang : dès le 28ème jour in utéro, l’embryon a la taille d’un grain de riz et déja ses premières cellules commencent à émerger et forment des neurones. La machine à fabriquer les neurones met le turbo et 3000 neurones se forment chaque secondes ; à 6 mois de grossesse on en compte 90 milliards ; pourtant, à la naissance, le cerveau est très immature même si les cortex visuel et auditif sont quasiment achevés. Le tout petit peut donc avoir très largement accès aux perceptions sensorielles Les premières années sont déterminantes pour le développement de son cerveau. Il relève des défis permanents: tenir sa tête, bouger les bras, le tronc, les jambes, avant d’accéder à la coordination des mouvements.
  2. Le 2nd, le temps de tous les possibles : le docteur Laurent Cohen (3) explique que tout est possible jusqu’à la puberté, le potentiel d’apprentissage est au top. Le cerveau est d’une telle plasticité et les connexions entre les neurones si flexibles que, par exemple,  l’apprentissage d’une seconde langue est simple et naturelle avant 10 ans.
  3. Le 3ème, le grand ménage : « chacun de nous nait avec un nombre de cellules bien supérieur à ce qui va être stabilisé » explique Bernard Sablonnière. De la naissance à l’âge de la marche près de 30% de nos connexions vont être éliminées pour que  seules celles ayant un lien fonctionnel soient stabilisées. A l’adolescence, on sait que les zones sous-corticales (centre des émotions et sensations) se développent en premier alors que le cortex préfrontal (cerveau dit supérieur) s’étoffe plus tard ; ce qui explique que l’ado a de grandes capacités cognitives mais montre une immaturité émotionnelle (conflits, colères, tristesse, coup de foudre, emballements, comportement excessifs).
  4. Le 4ème, en route vers la maturité : les neuroscientifiques ont découvert que le cortex préfrontal (zone dédiée aux responsabilités, planifications, définition des priorités et à la maitrise des émotions) n’arrive à maturité que vers 30 ans.
  5. Le 5ème, le cerveau à son apogée : de 25 à 65 ans environ, les connexions sont établies et fonctionnent très bien. Cerise sur le gâteau : des nouveaux neurones continuent à se former en migrant vers des zones qui en ont besoin. Bernard Sablonnière nous explique que le cerveau est comme un muscle, si on l’entraîne, on va stimuler la formation de nouvelles connexions.

Notre cerveau est une machine nourrie par le changement
Selon le neurobiologiste Pierre-marie Lledo (4), le cerveau est une fontaine de jouvence il produit des neurones jusqu’à notre dernière heure.
Il s’use si on ne s’en sert pas et si on est d’esprit curieux on fait pousser nos neurones toute notre vie. Il se nourrit de changement : déménager, pratiquer de nouvelles activités, apprendre une langue, fuir les habitudes, permet aux neurones tout justes nés, de survivre. Les nouvelles stimulations encouragent nos jeunes neurones à s’intégrer dans des circuits cérébraux et à établir des connexions.
A la crèche ou chez l’assistante maternelle, le plus grand cadeau qu’on puisse  faire aux enfants est de leur apporter les moyens de développer leur curiosité et répondre à toutes leurs questions ; la diversité des activités ne nuira jamais aux rituels essentiels liés au rythme et à la qualité de leur sommeil, alimentation et soins. L’enfant est fait pour la joie et l’émerveillement et se nourrit de toute nouvelle découverte et expérimentation.
Certaines personnes âgées faisant preuve de curiosité intellectuelle toute leur vie donnent l’impression d’être des éternels ados ; en effet, plus leur cerveau perçoit des changements, plus il se régénère !

L’« infobésité » est toxique
C’est un nouveau terme né de la profusion d’informations que nous recevons en permanence, que nous ne comprenons pas toujours et devant lesquelles nous sommes souvent passifs.
Les neuroscientifiques disent clairement que quand le cerveau est informé, il est programmé pour agir. C’est notre côté humain qui surgit ; nous ne sommes pas des plantes !
Quand un enfant ou un adulte reçoit l’information d’un attentat à la TV, sans pouvoir rechercher et comprendre les causes et agir : faire des recherches, lire un article sur le sujet, regarder un documentaire, faire un don ; l’information reçue est vécue comme une pollution sonore et visuelle ; donc anxiogène.
Il est donc important de trier l’information pour ne conserver que celle qui a du sens pour chacun de nous.

Les neurones miroirs : la grande découverte  controversée de ces dernières années
L’homme est fait pour coopérer et la dernière génération d’adultes a tout compris : la coopération, le covoiturage, la coéducation, la cohabitation, le co-working, le co-management : s’apporter les uns les autres pour démultiplier et mutualiser les moyens permet le développement du vivre ensemble en bonne intelligence. L’excellent film DEMAIN le démontre dans 5 directions : l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation ; ce film nous donne des ailes !
Les adultes réalisent des petits et grands progrès en s’imitant, en associant leurs ressources, ils ont ainsi des modèles pour l’enfant qui les imite grâce aux neurones miroirs, jusqu’à reproduire leur attitude ; on l’observe dans le cadre des jeux symboliques, l’enfant gronde sa poupée, la câline, la rassure, lui fait la morale !

C’est dans le cerveau que s’éveillent les sens : caresses, massages, mélodies, parfums, lumière, saveurs
L’éveil aux sens encourage l’enfant à découvrir le monde. 60 à 80% des informations sur l’univers qui entoure l’enfant vient de la vision mais le premier sens à apparaître chez le fœtus dès le 2nd mois in utéro est bien celui du toucher.
Nous sommes doués de 6 sens dont le dernier nous permet d’évaluer la position de notre corps dans l’espace. Dans le cerveau d’un jeune enfant est intégrée une topographie de l’espace puisqu’il sait déjà évaluer la couleur, la forme et le déplacement d’un objet dans l’espace. Ces perceptions s’améliorent avec l’expérience au fur et à mesure que nos sens captent de nouvelles informations.

Les émotions : c’est naturel !
Inutile de juger, « t’es un trouillard », « t’es une pleureuse », « arrête tes caprices ! », les émotions sont le signe de la vie en nous. L’enfant est ce qu’il ressent à un moment donné, son cerveau est immature et il ne peut maîtriser seul la situation qui s’impose à lui.
Les grandes émotions que sont la joie, la peur, la tristesse, la colère et le dégoût nous renseignent sur ce que vit quotidiennement l’enfant. Elles nous permettent, à nous professionnels ou parents, de mettre des mots sur l’état de l’enfant pour lui faire comprendre le lien entre son état et le mot adapté et l’encourager à l’exprimer lui-même quand il aura élargi son vocabulaire.
Chez les bébés signeurs (en référence à la langue des signes chez les bébés), le geste permet de signifier et représenter l’émotion de l’enfant avant la parole et de prévenir la frustration.
Que ce soit par un geste ou par un mot, l’essentiel c’est de faire preuve d’empathie en permettant à l’enfant de comprendre son état. Par exemple, quand un enfant tombe et pleure, lui dire que ce n’est rien et qu’il va vite sécher ses larmes c’est comme parler une langue qu’il ne comprend pas ; lui dire « As-tu eu peur ? Je vais voir ce que tu as et vais m’occuper de toi» et lui montrer toute votre affection engage l’enfant à entrer en connexion avec l’adulte, ils parlent le même langage puisque l’enfant se sent reconnu dans son émotion.
Les professionnels se sont souvent entendus dire que garder une juste distance est bénéfique pour encourager l’enfant dans son autonomie et pour se protéger ; les nouvelles découvertes en neurosciences sociales nous disent absolument le contraire : montrer son affection, câliner, embrasser un enfant, le prendre dans se bras, fait maturer son cerveau. En tant qu’éducatrice, j’ai toujours montré mon affection aux enfants et ai dans tous les cas, observé que les enfants s’apaisent bien et vite car ils se sentent compris. La psychanalyse, en complément des neurosciences, nous enseigne qu’ainsi nous ne sommes pas dans une situation de « confusion de langues » comme l’exprime  le Dr Ferenzi.
En 2013 et 2014, un chercheur japonais et une chercheuse suédoise ont démontré que les câlins et la tendresse font sécréter les molécules du bien-être et du confort et donc maturer le cortex préfrontal.(5)

Un enfant dont l’émotion est ignorée ou incomprise va développer un état de stress qui active l’amygdale cérébrale-centre de la peur- et provoquer la sécrétion de cortisol et d’adrénaline, toxiques pour la santé psychologique et motrice, nous enseigne le Dr Catherine Gueguen qui a rassemblé de très nombreuses recherches sur le sujet. L’amygdale est le centre de perception des émotions, c’est elle qui nous fait ressentir de la peur face à un individu dont le visage nous semble agressif. Elle nous avertit d’une menace et de tout événement mettant en danger notre survie. Quand le cerveau supérieur est mûr, il valide ou invalide ce message reçu par l’amygdale.
Le cerveau du jeune enfant est dominé par ses émotions qu’il reçoit de plein fouet, sans les filtres que notre cerveau adulte a su bâtir par l’expérience et la maturité ; dans le même temps, la plasticité cérébrale fait que l’enfant est une véritable éponge qui absorbe tout mot, geste, humiliation, attitude et que chaque situation vécue, si elle n’est pas bien accompagnée, va laisser des traces.

Comment générer des situations positives qui nourrissent la maturité cérébrale ? Observer chaque enfant en tenant compte du contexte et de son histoire familiale ; chacun  est unique, l’écouter avec bienveillance, ne pas se priver de sourires, câlins et gestes affectueux ; l’enfant fait ses premiers pas dans un monde qu’il découvre, autant que celui-ci soit encourageant et riche en expériences et découvertes!
Du côté des hormones que se passe-t-il ? La dopamine motive, c’est l’hormone du désir, l’ocytocine est responsable du comportement de confiance, d’empathie et de l’envie d’entrer en relation avec l’autre.
Pour résumer, accompagner les émotions et materner agit positivement sur le développement du cerveau, les facultés intellectuelles et affectives, l’apprentissage, la mémoire, la concentration ; soutient l’empathie naturelle, la coopération et permet de diminuer le stress et apaiser les émotions. A consommer sans modération…

Le sport est d’une grande efficacité pour prévenir et guérir les sauts d’humeur
Le sport et la relaxation ont un impact majeur sur la chimie du cerveau et réduisent l’anxiété, l’agressivité et la dépression grâce à l’effet de la sérotonine, la neurodrénaline et la dopamine. Et pourtant 50% des français ne font pas assez de sport. 30 mn par jour suffisent pour se sentir mieux dans son corps et dans sa tête. Marcher jusqu’au prochain arrêt de bus, gravir les escaliers, faire des mouvements de relaxation du dos et des jambes pendant la sieste des enfants à la crèche, pratiquer des exercices de gymnastique lors d’un ateliers avec les plus grands de la crèche… Est essentiel pour travailler dans le bien-être et procurer du bien-être aux enfants.

L’intestin : un « autre cerveau »
Les chercheurs ont récemment découvert que l’intestin est riche de neurones connectés entre eux et colonisés de milliards de bactéries intelligentes qui conduit notre appareil digestif à influer sur nos émotions et donc notre comportement.
Le Professeur Francisca Joly Gomez (6) rappelle que l’intestin est assez proche du cerveau d’un point de vue anatomique. Dans l’intestin, la sérotonine régule l’humeur grâce à un nerf crânien qui permet aux signaux de faire l’aller-retour entre l’intestin et le cerveau. Nous comprenons combien l’alimentation du bébé, du jeune enfant et de l’adulte influe sur notre comportement.

La solitude est un mauvais signal envoyé au cerveau
L’être humain est un être social. Le Professeur Decety, psychologue et psychiatre à l’Université de Chicago précise que toutes les interactions sociales, souvent vectrices d’émotions, qu’elles soient positives ou négatives, influent l’expression de nos gènes, notre système hormonal et les circuits neuronaux. Vivre ensemble est un  challenge intellectuel permanent qui nous amène à évaluer, traiter des messages parfois complexes mais qui stimule dans tous les cas notre activité cérébrale.

La spirale du stress
Le temps de l’enfant est un temps lent. Lui dire par exemple de se dépêcher n’a pas de sens. C’est souvent cette situation du quotidien qui va stresser un enfant et l’empêcher de bien accomplir sa tâche car il ne peut et ne sait pas faire vite ; lui demander de se dépêcher, c’est le mettre en situation d’échec. La maltraitance et l’humiliation vont également avoir pour effet d’altérer les fonctions cérébrales en fragilisant l’hippocampe, siège de la mémoire et de l’apprentissage.
Sous l’effet du stress, l’amygdale déclenche la sécrétion de cortisol et d’adrénaline qui se révèlent très toxiques quand elles sont présentes en quantité importante dans le cerveau immature du jeune enfant car il n’a pas la capacité d’évaluer la situation et de prendre du recul. Seul un adulte peut se raisonner, réévaluer une situation pour mettre en place des stratégies ; l’enfant, de son côté, peut vivre de vraies terreurs.

Jouer développe le cerveau
Dans les instants de jeu, le cerveau mâture grâce à la sécrétion d’une molécule cérébrale, la BDNF (7) qui assure la croissance, la survie et la différentiation des neurones. Lorsqu’un jeune  enfant rentre de l’école, il éprouve un besoin irrépressible de jouer ; plus il aura passé de temps assis à apprendre dans sa classe plus ce besoin se fera ressentir en rentrant à la maison ; il l’exprimera en temps passé ou en qualité.
Le jeu est vital, le nourrisson joue avec ses pieds et mains, le bébé joue en explorant son univers; l’imitation apportera d’autres perspectives de jeu, l’enfant apprend en jouant. Plus il apprend avec joie et enthousiasme plus son cerveau se développe et plus les émotions positives liées à l’apprentissage l’encouragent à explorer d’autres compétences.
Jaak Pansepp le grand spécialiste des circuits cérébraux du jeu, écrit : le jeu et le plaisir qui l’accompagne modifient l’équilibre émotionnel de l’enfant en stimulant la sécrétion d’endorphines et permet la densification des neurones.


L’empathie naturelle de l’enfant : elle s’encourage et se transmet
Le bébé est naturellement doué d’empathie (8),  il montre de la sincérité et de la sollicitude auprès d’autres enfants qui ont besoin d’aide et de soutien. Chaque jour, dans les crèches et chez les assistants maternels, nous observons une main qui caresse la tête d’un copain, un baiser sur la joue d’un autre, une tétine qu’un enfant va chercher pour un autre enfant.
Cette capacité innée qui nous permet d’identifier et de répondre aux émotions d’autrui est donc en chacun de nous à la naissance. Pour voir cette capacité perdurer, l’adulte a un très précieux rôle à jouer, à commencer par être empathique avec lui-même !
Si vous vivez en accord avec vous-même en répondant à vos besoins et que vous considérez vos  émotions comme des signaux importants de votre état, alors vous êtes prêts à éprouver de l’empathie pour les autres.
A chaque fois qu’un enfant du groupe reçoit de l’empathie, il sécrète de l’ocytocyne, l’hormone du confort et du bien-être. Reconnaître et mettre des mots sur les émotions reçues par l’enfant lui permet de se sentir reconnu dans ce qu’il vit et d’adopter un comportement positif pour son développement.
La Communication Non Violente est une approche de grande qualité qui nous permet de prévenir les comportements conflictuels par l’empathie.
Les québécois diffusent des programmes dans les crèches depuis plus de 7 ans, qui permettent aux enfants de soutenir leur empathie naturelle, de développer leurs capacités sociales et de prévenir toute forme de violence et d’agressivité ; ils seront bientôt proposés en France, dans le cadre du dispositif « Ensemble pour l’Education » qui coproduit une mini-série de 50 vidéos dédiée à la bienveillance éducative . Cette série vidéo ludique et inédite est le socle des formations qui seront prochainement proposées aux professionnels et parents. (https://lesprosdelapetiteenfance.fr/bebes-enfants/psycho-pedagogie/une-mini-serie-pour-les-parents-et-pour-les-pros)

Les écrans c’est excitant !
Points positifs : les écrans sont ludiques, permettent de diversifier les supports d’apprentissage et de partage avec les copains, si tel est le cas.
A améliorer : les images violentes peuvent fasciner l’enfant mais aussi l’angoisser, le cerveau immature ne permet pas de traiter l’information, l’enfant retient des mots violents qui ne sont pas de son âge,-Maren Strenziok- chercheur, explique que les images violentes ont un impact sur le cerveau supérieur (cortex) qui a comme rôle de réguler les émotions et prendre des décisions. Dernier point : l’usage prolongé crée un déficit d’attention chez beaucoup d’enfants.
Le saviez-vous ? L’écran préféré des enfants est la TV, car c’est celui qui permet de réunir la famille pour commenter les images et dialoguer. A retenir !

La complémentarité des ressources permet de comprendre notre monde et ses évolutions : les neurosciences sociales et cognitives, la psychologie et la psychanalyse. Il nous reste tant à découvrir sur le cerveau, plus les recherches s’activent, plus  on comprend que l’être humain est UNIQUE.


1.Hors série Paris Match La révolution du cerveau, été 2016
2. Dr Catherine Gueguen « Vivre heureux avec son enfant, un nouveau regard sur l’éducation au quotidien grâce aux neurosciences affectives » Robert Laffont, 2015.
3. Professeur de neurologie et chercheur à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris
4. Directeur de recherche à l’Institut Pasteur à l’unité de perception et mémoire, et au CNRS
5. En 2013 : Testuo Kida, en 2014 : Malin Björnsdotter
6. Gastro-entérologue à l’hôpital Beaujon à Clichy (92), enseignante à l’Université Paris VII
7. Brain-Derived Neurotrophic Factor
8.  Entre toi et moi l’empathie, un film de Valéria lumbroso www.valerialumbroso.fr

 SAVOIRS :
■ Les principaux apports des neurosciences affectives et sociales sur le développement du cerveau de l'enfant.
■ L'action des neurones miroirs et leur rôle dans le développement de l'enfant.
■ Le rôle des différentes hormones dans le développement du cerveau de l'enfant et sur son comportement.
■ Les bienfaits du plaisir et du maternage sur la maturation du cerveau.
■ L'impact des émotions sur le cerveau de l'enfant : l'importance de la régulation émotionnelle.
■ Les stress majeurs et les violences éducatives ordinaires.
■ Les effets néfastes du stress sur le cerveau et les troubles associés.
■ Les impacts d'une utilisation inadaptée des écrans sur la maturation du cerveau

SAVOIR-FAIRE :
Adapter ses pratiques professionnelles au regard des facteurs favorables au développement du cerveau de l'enfant.
■ Analyser les mécanismes du stress et de la peur sur le système nerveux et endocrinien.
■ Repérer les signaux d'alerte chez un enfant exposé à un stress.
■ Repérer toute situation de stress majeur et alerter les interlocuteurs compétents.
■ S'informer sur les neurosciences affectives et sociales pour actualiser ses connaissances via les relais d'informations appropriés et intégrer les évolutions.
■ Développer une démarche de questionnement sur ses pratiques et son accompagnement afin d'adopter une posture bientraitante.

SAVOIR-ÊTRE :

  • Être observateur

 

à lire : 

Vivre heureux avec son enfant : un nouveau regard sur l'éducation au quotidien grâce aux neurosciences affectives

Vivre heureux avec son enfant (du Dr Catherine Gueguen) : un nouveau regard sur l'éducation au quotidien grâce aux neurosciences affectives Catherine Gueguen est pédiatre et a écrit le livre "Pour une enfance heureuse" dans lequel elle expose les dangers de la violence éducative

https://apprendreaeduquer.fr

 

Au coeur des émotions de l'enfant - Isabelle Filliozat

Quentin se roule par terre dans le supermarché, Lucie pleure toutes les larmes de son corps parce que son ballon a éclaté, François se réveille toutes les nuits parce qu'un monstre le poursuit, Pierre est terrifié par les tunnels... Les parents sont souvent démunis devant les émotions de leurs enfants.

https://www.babelio.com

 

 

à voir :

Même qu'on naît imbattables!

On aspire tous à vivre dans un monde sans violence. Et si tout commençait ... par l'enfance ? Car la violence de notre société prend racine dès nos premiers pas. Menaces, punitions, gifles, fessées, viennent s'inscrire dans le quotidien, comme une bana...

https://www.allocine.fr

 

 

Posté par Nounou Patricia à 20:04 - Permalien [#]
01 septembre 2020

Bonjour à tous :)

 

Septembre rythme avec Adaptation 

 

 

L’adaptation côté bébés, parents et professionnels:

Pour la majeure partie des professionnels de la petite enfance, la rentrée de septembre annonce une période de travail intensif au niveau de la prise en charge des soins physiques qu'au niveau émotionnel. Ce temps ne porte pas le même nom selon les lieux : intégration, adaptation, temps de présentation, familiarisation, accueil. Le nom change mais pas les protagonistes. Ils sont trois et vivront d'une manière différente ce moment difficile pour les uns, voire angoissant alors que pour les autres ce  sera une simple formalité. C'est à partir de son expérience d'éducateur de jeunes enfants pendant 15 ans et, aujourd’hui, de psychologue en crèche et en analyse de la pratique, que Frédéric Groux propose une lecture croisée de cette période dite « d’adaptation » du point de vue des trois protagonistes : les bébés, les parents et les professionnels.

Du côté des bébés : une crèche, « ça n'existe pas »

Pouvons-nous imaginer ce que ressent un nourrisson lorsqu'il entre en crèche ? Probablement pas. Cependant, les soins ou gestes que nous lui procurons et qui l'apaise nous montrent ce dont il avait besoin ou envie. L'amélioration de l'accueil des jeunes enfants pendant cette période est-elle possible ? Certainement. Votre meilleure arme est la connaissance mais aussi ce vous ressentez lorsque vous êtes avec le bébé.

L'avant-crèche : tout tourne autour de lui
Pour une meilleure compréhension de l'adaptation du nourrisson, un petit voyage dans la période in utéro pourrait être nécessaire. Pendant plusieurs mois, la plupart des fœtus ont connu le paradis : ni sensation de faim car le cordon ombilical les alimente non-stop, ni de sensation de froid car le liquide amniotique varie peu en température mais, également, en goût et en odeur. Il est à l'écoute du corps et du cœur de sa maman et du bruit filtré de son environnement.
Puis vient l'accouchement, la découverte du monde. Il rencontre ses parents dans la plupart des circonstances mais c'est aussi les nouvelles perceptions de son corps : faim, froid et les émotions (pleurs, colère). De l'accouchement à l'entrée en crèche, le bébé apprend, avec l'aide de ses parents, le monde, un monde qui tourne autour de lui... C'est le fameux « dévouement » que Winnicott a décrit dans sa théorie de la « mère suffisamment  bonne » qui fait croire à l'enfant qu'il contrôle son univers familier.

Les parents, dès les premiers signes ou bruits, agissent pour apaiser le jeune enfant. Naturellement, les humains (homme, femme et enfant) réagissent biologiquement à la détresse des nourrissons. Les parents et le bébé se sont rencontrés et ont ajusté leurs comportements lors de ses trois premiers mois. Ils lui parlent et le nourrisson découvre son environnement sonore mais aussi physique. Très tôt, le nourrisson ressent le tonus musculaire, l'odeur, la voix de ses parents lors des soins quotidiens et différencie les gens par ces indices. Plus le bébé grandit, plus il prend conscience de son action sur son entourage. Il sait que lorsqu'il pleure, sa maman ou son papa viendra le calmer.

Pour certains, ils auront déjà eu l'expérience d'une première séparation chez les grands-parents. Pour être précis, le mot « séparation » ne convient pas totalement. Pour être au plus près du vécu du bébé, nous devrions plutôt dire « absence » qui indique la perte des perceptions sensorielles mémorisées, repères pour le nourrisson. Nous les avons déjà nommé : le son de la voix, l'odeur, le toucher si particulier de chaque parent (holding, handling) et sa façon d'être au monde. Lors de ce premier temps sans sa maman, il ressentira des perceptions nouvelles. Il découvrira une nouvelle façon de porter, de parler et d'agir. Le nourrisson sentira la différence sensorielle mais aussi d'investissements auprès de lui.
Nous le savons, certains parents sont plus anxieux que d'autres et seront constamment à anticiper les besoins du bébé alors que d'autres considèrent leurs enfants comme secondaires à leurs besoins d'adulte. Dans le dernier cas, c'est le nourrisson qui s'adaptera au rythme de la famille. Ce monde sera leur « sécurité » si nous pouvons utiliser ce terme. Ils ne connaissent rien d'autre et le monde doit tourner ainsi. Le descriptif n'est pas exhaustif mais dresse une première vison du monde du bébé avant ses premières heures à la crèche.

Un temps de rencontre et de nouveaux repères
Lors des premiers temps à la crèche, le jeune enfant est souvent accompagné de sa maman ou de son papa. Les locaux ne sont pas déstabilisants pour les enfants car ils sont curieux de voir et d'observer le monde qui les entoure. Ce qui préoccupe le jeune enfant, c'est la proximité, voire la promiscuité avec ses inconnu(e)s qui sont assises sur le sol. Le bébé est un être social génétiquement programmé pour le contact humain. Nous le savons depuis les années 80 et grâce aussi à de nombreuses recherches sur les jeunes enfants.
Les parents racontent le début de vie de leur bébé et ses habitudes de vie puis on lui présente souvent la professionnelle qui s'occupera de lui et on lui explique le « concept » de la crèche. Cette rencontre n'indique pas pour l'enfant l'inévitable : la séparation sur un temps plus ou moins long sans ses parents. L'enfant est social mais avec ses figures d'attachements et non avec toutes les personnes.

Pour les bébés, les mots se lient avec la perception du corps pour qu'ils prennent sens dans son existence. Le mot « faim » a pris sens lors des premières heures de vie quand il a commencé à pleurer et sa maman lui a dit : « bah c'est l'heure, tu dois avoir faim ». La répétition du mot et de la sensation ont ensuite pu être associés dans sa mémoire. L'enfant apprend par la répétition de son expérience (corporel et intellectuel) et si on prend le temps de lui expliquer les événements qui lui arrivent. Les mots « crèche » ou « séparation » n'existent donc pas jusqu'à ce que plusieurs séparations s'effectuent dans le lieu.

Le bébé qui a mis des jours à comprendre et découvrir ses parents se retrouve face à un langage corporel et verbal différent propre à un des membres de l'équipe. Il devra le décrypter et accepter cette aide nouvelle. Si nous voulons comprendre le ressenti d'un bébé, prenons comme exemple, il faudrait imaginer que du jour au lendemain, les panneaux du code de la route changent de signification. C'est-à-dire, celui qui indique le « stop » devient celui de l'« autoroute » et ce changement est valable pour tous les panneaux. De plus, vous avez été prévenu de ce changement dans une langue qui n'a pas de sens, pas de symbolique.
Bien évidement, il vous faudra du temps pour vous adapter car il faudra assimiler et comprendre les changements mais surtout que cela ne change rien à votre capacité de conduire votre voiture car elle n'a pas été modifiée. Seulement, tous les changements de repères demandent un effort d'acceptation et d'assimilation. Lorsque le bébé pleure, il s'attend à voir, entendre et se sentir porter d'une certaine façon. La professionnelle, malgré tous ses efforts, ne répondra pas à toutes les conditions physiques. Vous demanderez donc à des bébés de comprendre, d'accepter d'autres repères.

Tisser de nouveaux liens, ça prend du temps
Certains jeunes enfants trouveront facilement de nouveaux repères mais, pour d'autres, il faudra plus de temps. Ces enfants-là interrogeront les équipes. On parlera d'enfant « insécure » selon les termes de la théorie de l'attachement. Mais, il faut comprendre que cette théorie doit être prise en relation avec l'accueillant. Il arrive souvent que des enfants « sécures » avec leurs parents ne le soient pas ou plus à la crèche car l'institution n'a pas permis à l'équipe de mettre des repères et une stabilité dans les soins pour les aider se sentir en sécurité dans la section.
De plus en plus de jeunes parents sont très alertes sur les soins du bébé et montrent de très bonnes capacités dans la relation avec leur enfant. Or, quand ce bébé arrivera en section, il sera parfois dans une équipe débordée en période d'adaptation ou avec des problèmes de changement de personnel ou avec des intérimaires qui sont de passage. Pour ce bébé, les panneaux du code de la route changeront parfois plusieurs fois par jour.

Il est bien connu maintenant que le langage aide les bébés mais il est important de se « re »-présenter avant les soins, de redire ce que l'on va faire car l'enfant apprend dans la répétition. Les équipes sont souvent surprises de voir comment du jour au lendemain un bébé qui était en pleurs toute la journée se met à jouer ou à s'endormir facilement. On ne peut pas quantifier le nombre de fois où le nourrisson doit faire l'expérience d'un mot ou d'un soin pour se l'approprier mais nous savons que c'est la répétition dans un contexte de bienveillance qui accompagnera l'enfant sur ce chemin. La bienveillance sera d'accepter, sur une période, d'être plus présent pour certains enfants qui, de toute façon, le demanderont par leurs cris et pleurs.

Les bébés ont besoin d'explications sur les pleurs des autres enfants car le nourrisson ne connaît qu'un pleur, le sien. Il sera nécessaire de raconter les différences entre sa maison et la section, voire même entre les professionnelles. Si vous observez les bébés, ils vous montrent souvent ce dont ils ont besoin mais, pour cela, il faut regarder. De même, il faut permettre à certains adultes d'être moins dans le mouvement pour laisser le temps aux enfants de se séparer d'eux-mêmes en explorant leur section à l'inverse de les poser puis de partir et de donner l'impression à un enfant de revivre une « séparation ». Pour  se « dés-attacher », il faut déjà avoir créé un lien avec quelqu'un.

La notion de la « bonne distance » avec les jeunes enfants a longtemps pesé sur la pratique des professionnels : « il ne faut pas trop s'investir », « s'attacher », « prendre du recul ». Lors des premières absences, le bébé revient à des comportements plus immatures, il régresse. Il cherchera donc le contact avec un adulte qui l'écoutera et le sécurisera comme aux premières heures de vie. Si je devais donner un conseil aux accueillants pour les adaptations, ce serait de développer un « lien » avec l'enfant, c'est-à-dire que, pendant cette période, le jeune enfant ne devrait pas quitter vos pensées ou votre regard plus de 5 minutes.
Pour le bébé, le regard et les pensées sont les signes qu'on s'occupe de lui et donc qu'il n'est pas seul au monde. Dans les premiers temps à la crèche, lorsqu'il pleure et il découvre l'absence de sa maman ou de son papa, il se sent seul au monde, perdu. Il faudra beaucoup d'énergie physique et psychique pour palier cette absence.

La crainte d'avoir des enfants qui soient trop demandeurs de l'adulte est le signe d'un environnement peu attrayant. Les signes de bonne santé chez le bébé sont l'exploration visuelle et motrice de son environnement. Un geste simple à connaître est, dans les premiers temps, l'enfant doit être porté vers soi, puis à mesure du temps qu'il grandit, le tourner vers le monde, vers l'avant. En institution petite enfance, le repère n'est pas seulement le ou la référent(e) mais aussi le lieu (jouets, aménagement). Sinon, nous leurrons le nourrisson. Les enfants voient défiler, pendant les trois ans de crèche, un nombre important de têtes (turn-over, mutation, congé maternité, changement de section, stagiaires) mais les éléments qui ne changent pas sont souvent l'institution et le matériel. Un enfant sain ira de lui-même explorer le monde car son développement moteur et intellectuel le réclame et cette pulsion est plus forte que lui.

 

Du côté des parents : une deuxième co-naissance de leur bébé

Lors des entretiens avec les parents, à l'arrivée en crèche, on retrouve souvent deux discours. Vous avez les parents contents de retourner au travail pour des raisons différentes se sentant libérés avec l'entrée en crèche. Et ceux qui reprennent le travail mais auraient aimé prolonger le congé maternité mais ne le peuvent pas. L'arrivée en crèche fait émerger un autre discours plus sensible, plus intime que les parents délivrent au fur et à mesure de la période de l'adaptation. Ce discours en dit beaucoup sur la naissance et la rencontre avec leur bébé et révèle leur parentalité en construction.

La crèche, un univers souhaité mais un peu inquiétant
Pour une majorité de parents, obtenir une place en établissement accueillant des jeunes enfants (EAJE) est la quête du Graal. Depuis plusieurs années, les EAJE sont mis en avant pour le développement du bébé et les parents pensent donner de meilleures chances à leur progéniture en faisant ce choix. Lorsqu'on leur annonce cette « bonne » nouvelle, le parent imagine la crèche selon ses représentations, les récits d'amis, de la famille, des magazines et parfois selon la voix de la directrice qui lui a proposé une première rencontre.
Les premiers pas sont angoissants pour les jeunes parents. Lors d'une des visites, une maman a observé que tous les bébés étaient en larmes dans la section de sa fille mais elle n'en parlera pas. Pour un jeune papa, la crèche lui fait penser à un hôpital du fait des sur-chaussures, les tenues de l'équipe, les affiches sur les murs et ainsi que des gels hydro alcooliques. Les détails font émerger des craintes, voire des angoisses différentes selon les parents. La question sous-jacente est : « qui va s'occuper de mon bébé et comment ? »

La rencontre avec la référente de son bébé est toujours chargée d'émotion : joie ou déception. Cette émotion est la résonnance de détails anodins sans lien avec la capacité professionnelle : le son de la voix, la taille et même parfois l'âge. Nous rentrons dans l'intimité psychique du parent, c'est-à-dire, une personne lui fera penser inconsciemment à une autre personne. Ce sera une identification à la grand-mère - si la référente est âgée ou si la voix est grave ou forte - ou à la sorcière qui risque de faire peur... Peut-être n'est-elle pas douce ? Si la professionnelle a une attitude qui ne correspond pas à la famille (trop ou pas assez dynamique), les parents montreront des signes de méfiance, de défense.
Toutes les représentations sont associées à un affect qui colorera la relation entre la professionnelle et la famille au début de la rencontre. Mais, par chance, les accueils quotidiens feront évoluer les représentations des parents pour créer un lien parfois très fort lors du temps de crèche.

Des parents qui savent mais qui doutent et ont peur d’être jugés
Après la sortie de la maternité, il y a eu une première rencontre entre les parents et le bébé. Puis, une seconde rencontre révélera les connaissances apprises pendant les trois premiers mois sur leur bébé. Après des semaines à vivre et à s'occuper de leur nourrisson, les parents réalisent la somme de connaissances acquises sur lui : ce qu'il aime ou pas, sa position pour dormir, les signes de fatigue. Le parent découvre sa parentalité et a des convictions sur le bien-être de leur enfant.
Lorsque le recueil d'informations est assez ouvert et non sous forme de questions fermées, les parents livrent une véritable mine d'or sur leur enfant. Souvent, les connaissances des parents sont  teintées de doute. Ils évaluent leurs capacités parentales dans les interprétations qu'ils font concernant les questions et réponses des professionnels. Une jeune maman raconte en pleurant que lors de l'adaptation de ses deux filles jumelles, le personnel lui disait ce qu'elle devait faire pour ses filles sans se préoccuper de ses envies à elle et ses valeurs éducatives. Elle a eu le sentiment qu'on lui disait qu'elle ne savait pas y faire.

Le récit des trois premiers mois est parsemé d'expériences, de construction pédagogique avec les valeurs de la famille. Les professionnels ignorent parfois cette souffrance à trouver ses solutions en tant que parents quand le bébé a du mal à dormir ou à manger. Nous trouverons des rivalités entre le savoir du parent et de l'accueillante sur la manière de faire.
Souvent, le professionnel envisagera la solution du parent avec ce qui est fait dans la section ou par rapport aux « bonnes pratiques des professionnels ». Malheureusement, les parents n'ont pas ces connaissances de l'organisation de l'institution ou de diplôme mais ils estimeront connaître leur enfant mieux que personne. Dans cette situation, il ne sert à rien de lutter mais, dans un premier temps, mieux vaut accepter les conseils des parents. Une façon de renforcer la construction de la parentalité.

La période de l'adaptation est un point essentiel en confirmant aux parents qu'ils sont sur la bonne voie et qu'ils vous fournissent les informations pour travailler avec leur bébé. Puis, progressivement, le bébé s'adaptera au rythme de la crèche et vous serez dans un travail de coéducation avec la famille.

L'absence, le manque de leur bébé
Lors de l'adaptation, le parent redécouvre son enfant. A travers les regards des professionnels et par le biais aussi des comparaisons avec ses petits camarades et de son propre récit de ses habitudes de vie avec lui. Cette prise de conscience activera son lien d'attachement à son bébé. Les premiers temps de séparation avec le bébé indiqueront la place qu'il a pris dans la vie mais aussi dans les pensées des parents.
Une jeune maman a préféré faire le tour du quartier lors du premier temps seul à la crèche de son bébé. Elle avouera avoir entendu des enfants pleurer et elle imaginait que c'était son fils. Une autre évoque sa fuite de la section pour ne pas pleurer devant l'équipe. Une maman m'expliqua comment elle avait perdu la notion du temps lors de l'entrée de son fils à la crèche : « d'habitude, je fais à manger, je lui donne puis on fait la sieste et on sort mais là, j'ai rien à faire ! ».

Les parents sont sensibles car ils vivent autour du bébé avec un rythme de nourrisson. Ils dorment au rythme du bébé, mangent parfois des choses rapides car ils n'ont plus de temps. Dans les groupes de jeunes mamans, nous retrouvons régulièrement un thème : celui de la douche. Vous avez les mamans qui se lèvent tôt pour la prendre, d'autres la prennent à la sieste de 14 heures puis un petit groupe attend que le papa rentre du travail. Mais, vous avez aussi les mamans qui oublieront la douche ou d'autres détails de ce genre pendant les premiers mois du bébé.
Vous comprendrez aisément la charge émotionnelle de la première séparation où certains parents souhaiteront téléphoner pour prendre des nouvelles afin de garder encore un rythme pour penser à leur bébé : « je peux vous téléphoner après le repas ? ». Ces comportements ne sont en rien inquiétants. Ils montrent le changement de vie d'un couple à celui de parents mais il est aussi induit par le bébé qui est autant acteur dans l'attachement de ses parents qu'ils le sont dans le sien. L'enfant fait naître la parentalité.

 

Du côté des professionnels : l’adaptation un acte pensé et réfléchi

Pour de nombreux professionnels, la période d'adaptation est source d'angoisse et de fatigue. L'équipe a terminé un travail avec un groupe d'enfants avec qui des liens d'attachement s’étaient construits au cours de l'année précédente. Il va falloir tout recommencer. D’autant qu'après les vacances, la reprise se fait parfois avec un changement d'équipe au sein de la section ou de la crèche. Avec de nouveaux projets à la clef. Le professionnel des EAJE doit être un champion de l’adaptation à tous les changements !

La rencontre avec un bel inconnu ou plutôt de beaux inconnus
Septembre a sonné le glas de l'ancien groupe d'enfants et annonce la découverte de petits nouveaux. Evidement, cela coûte de l'énergie physique mais aussi affective. On en retrouve des petites traces dans des pettes phrases comme : « il me fait penser à un tel ou une telle ». Ce n’est pas de la nostalgie ! Mais le vécu avec d'autres bébés constitue une aide dans les adaptations. Cette expérience permet de s'adapter plus facilement à l'arrivée des nouveaux bébés car on n'est plus face à un inconnu mais à quelqu'un qui ressemble à un enfant avec qui on a plus ou moins aimé être. Puis les accueillantes affineront leur ressenti et découvriront des différences. Les paroles des parents commenceront à résonner dans  leur tête et elles parviendront à décrypter les signes et gestes du nourrisson. Dans un monde parfait, les professionnelles, en comparaison avec les parents, ne devraient avoir qu'une adaptation/rencontre de bébé à la fois.

Malheureusement, le travail en crèche demande d'être souple psychiquement car on s'adapte à plusieurs enfants/familles en même temps. Cela implique de se souvenir de petits détails qui ont de l'importance pour le bébé sur les « comment faire avec lui pour le sécuriser ». Il ne faut pas  hésiter à prendre des notes sur sa fiche quand le bébé montre des difficultés à s'adapter car, on le sait bien, la référence n'est que théorique donc nous vous serez amenés à partager ce savoir de l'intime. Vous pouvez recueillir certains éléments lors de l'échange avec les parents : la vitesse de la tétine du biberon ou sur la technique qui aide l'enfant à s'endormir. Vous entendez des phrases : « Ma collègue fait comme ça mais moi, je suis pas à l'aise avec ça donc je fais comme ceci ». Qui a fait le plus d'effort pour accepter ce changement ? Il est important que les accueillantes soient à l'aise mais, concernant l'enfant, comment estimons-nous son confort ?  
Il y a parfois une mauvaise interprétation de la part des accueillantes. On considère à tort qu'un enfant qui ne pleure pas a été bien adapté et un autre qui pleure ne l'est pas. Or, on néglige souvent l'importance du terme « adaptation ». Qui doit s'adapter ? L'enfant à la crèche ou la crèche à l'enfant ou le professionnel à l'enfant ? Nous observons souvent des bébés qui se sont adaptés aux rythmes de la crèche mais non l'inverse. Pourtant, dans le projet pédagogique et éducatif, il sera noté l'importance du respect du rythme de l'enfant mais, pour des raisons d'organisation de l'institution, il y aura souvent des entorses à ces projets.  

Les poupées gigognes de l'adaptation
Peut-on dire, que dans un premier temps, l'institution « crèche » s'adaptera au bébé ou devrais-je dire à la famille ? Que veut dire l'institution « crèche » ? Cela indique que l'équipe de direction mettra en place des plannings pour que la personne qui reçoit la famille soit la plus disponible et ne soit pas déjà avec un autre enfant en fin d'adaptation, par exemple. Cela montre également que la direction et les membres de la section s'organisent en amont et non en présence de la famille sur la disponibilité de l'accueillante et de la prise en charge des bébés dont qu'elle s'occupera. Le manque d'organisation sur les temps d'adaptation angoisse énormément les jeunes parents et, par résonnance, les bébés. Il est assez désagréable d'arriver dans une section et de voir un parent qui attend que la référente arrive ou soit indisponible pour eux. Il y a pire, quand personne ne savait qu'une famille devait arriver... Ce petit échantillon de situations laisse un espace où les jeunes parents observeront des moments sans la médiation d'un professionnel qui verbalisera la vision.

Une des tâches les plus importantes lors des temps de présence des parents dans la section est de décrire ce qu'ils observent comme nous le faisons pour les bébés qui arrivent. L'inconnu fait peur mais les mots expliquent et rassurent les situations qu'on ne maîtrise pas. Pour un jeune parent, un bébé qui pleure est le signe d'un mal-être. Or, pour le professionnel, cela mettre en avant un signe de sommeil, de faim. C'est une communication bilatérale entre l'adulte et un bébé. Vous montrez aux parents que vous connaissez individuellement les enfants et il en sera ainsi pour leur bébé. En préparant l'arrivée d'un bébé par des petits gestes ou une installation de jouets, c'est déjà un soin : nous sommes déjà dans le « holding » de Winnicott. Vous êtes déjà dans l'accueil, la rencontre de l'autre. Vous devez présenter aux enfants de la section le nom du nouveau bébé régulièrement car ils apprennent dans la répétition et il est indispensable de faire cet effort car vous êtes déjà dans la socialisation des enfants. Ils ne sont pas des objets mais des êtres de langage et qu'on les considère comme des sujets et non des objets.

Aucune adaptation ne se ressemble, tout dépend du bébé … ou (et) de ses parents
On confond parfois la capacité d'un « bon » accueillant avec la réussite chronométrée dans certains gestes du quotidien : l'endormissement, les repas ou les changes. Intégrer un bébé dans une section  ne signifie pas réussir à l'endormir en le berçant en trois minutes mais lui permettre de trouver son rituel d'endormissement propre à la crèche. Souvent, on finira par lui reprocher de solliciter un adulte pour la sieste. L'enfant sera accompagné dans les moments de la journée pour progressivement trouver sa façon de faire. Maria Montessori avait cette jolie idée de dire qu'un professionnel fait beaucoup en début d'année pour accompagner les jeunes enfants. Puis, en fin d'année, le travail mis en place pour autonomiser l'enfant devait lui permettre de rester assis sur une chaise et de seulement parler aux élèves. Evidement, cette idée doit être ajustée selon les sections et l'âge des enfants mais nous devrions déjà avoir cette optique lors des premiers temps avec les parents et l'enfant. Souvent, l'enfant s'endort seul chez lui et il montre sa capacité à trouver ses solutions si on lui laisse le temps et si on lui procure un accompagnement satisfaisant. Vous me direz : « mais la maison, ce n'est pas la crèche ! » et je vous répondrai que je suis d'accord mais la sécurité de base ou intérieure se construit en nous.

Nous accompagnons les enfants pour que leur estime d'eux ou leur sécurité de base ne changent pas selon les lieux et les interlocuteurs qui sont face à eux. C'est justement un travail qui commence à l'adaptation car si, dès les premières minutes dans la section, vous indiquez à l'enfant qu'il n'est pas apte de faire seul alors que vous prônez l'autonomisation dans le lieu, vous êtes dans un discours paradoxal. Il y a souvent un double discours chez les professionnelles : un discours verbal et un discours du corps qui se contredisent mais que l'enfant interprète et qui peut l'insécuriser. Ce double discours apparaît souvent dès la première séparation. Lorsque vous accueillez un bébé dans vos bras, vous remarquez que le parent hésite ou a du mal à vous le confier. Vous avez votre corps qui se tend et le bébé le ressentira mais vos mots diront que « ça ira » alors que votre corps signale un stress (cœur qui bat plus vite, geste hésitant, tension musculaire). Le bébé connaît bien ces signes et réagira par des pleurs. Parfois, selon son niveau d'anxiété, il faut éviter de toucher le corps de l'enfant pour ne pas le contaminer.
Accueillir ne signifie pas forcément porter mais reconnaître l'autre et sa capacité à être sécurisant. Il y a des familles où vous devrez faire le travail d'accueil juste avec les enfants. Dans certains cas les parents ne  trouvent aucun intérêt à l'adaptation car l'enfant a déjà été gardé. Dans d'autres situations, le parent sur la défensive parle peu ou encore l'adaptation est réalisée parla nounou, voire les grands-parents. Dans ces cas-là, vous travaillerez avec le bébé et vos outils seront l'observation, l'expérience, les réactions de l'enfant et les vôtres.

Mais, il existe aussi des situations où vous devrez rentrer en contact d'abord avec le parent quand l'enfant montrera des signes de refus. Vous les connaissez : l'enfant reste sur les jambes des parents ou près d'eux et refuse tout contact avec les personnes autour de lui. Vous utiliserez alors une technique qui consiste à obtenir la confiance des parents et un lien avec eux. A partir de ce lien, les signes que les parents enverront vers vous seront positifs et, l'enfant par imitation, pourra progressivement accepter votre présence. Cette méthode est parfois plus difficile pour certaines accueillantes qui restreignent les communications au sujet de l'enfant. Or, dans cette situation, vous devez justement passer à un sujet qui concerne le parent : son travail, ses passions. Le but est d'obtenir un lien avec lui car, souvent, le parent masque une anxiété qui aura un effet sur le comportement du jeune enfant. En faisant descendre l'anxiété du parent, l'enfant se détendra également et pourra abaisser ses craintes face à l'adulte.

Bien se connaître pour mieux accueillir l’enfant !

Un point important pour bien accueillir les familles et les jeunes enfants est à soulever : il faut se connaître pour bien rencontrer l'autre. Des bébés qui sont parfois en difficulté ne sont pas forcément des anxieux ou des angoissés. Il est important de faire l'évaluation de ce qui nous appartient et de ce qui appartient à la famille et l'enfant dans la difficulté de se sécuriser.

 

Posté par Nounou Patricia à 08:00 - Permalien [#]